Nouveau cadre financier pluriannuel : l’avenir de l’outre-mer européen se joue maintenant

Après la déception, suscitée par les récentes propositions de la Commission pour le budget européen 2021-2027, la Commissaire Corina Cretu, responsable des fonds structurels, présentait ce matin devant la Commission du Développement régional du Parlement européen, le paquet législatif de la politique de cohésion, qui entrera en vigueur au cours de la même période.

 

Et c’est peu de dire que les nuages noirs s’accumulent au-dessus des régions européennes, et particulièrement des RUP, à mesure que l’exécutif européen traduit en législations le futur cadre financier pluriannuel.

 

Sur les chiffres tout d’abord, « une analyse plus approfondie des premières données publiées par la Commission, montre que le niveau du budget proposé est moins élevé qu’escompté, alors qu’il est censé financer un nombre croissant de défis émergents », s’alarme Louis-Joseph Manscour, député européen socialiste de la Martinique.

 

L’eurodéputé observe que « cela pourrait prendre la forme d’un rabot de 4% sur l’aide européenne octroyée à l’agriculture des Antilles-Guyane, de la Réunion et de Mayotte, qui bénéficient actuellement d’une enveloppe annuelle de 280 millions d’euros ! ».

 

Poursuivant au sujet de la politique de cohésion, dont les mêmes collectivités sont bénéficiaires de près de 500 millions d’euros par an, Louis-Joseph Manscour a alerté la Commissaire Cretu, en soulignant combien « la baisse globale des crédits de la cohésion, combinée à une diminution (de 80% à 70%) des taux de cofinancement dans les RUP, ne respecte pas l’esprit même des Traités (article 349 TFUE), et va à l’encontre de l’engagement pourtant répété du Président Juncker de prémunir nos régions contre toute coupe budgétaire ».

 

« A un an du renouvellement du Parlement de Strasbourg, la Commission se trompe et n’envoie pas le bon signal dans l’outre-mer européen ; un message que je compte bien marteler en faisant un certain nombre de propositions tout au long des négociations difficiles que le Parlement européen mènera ces prochains mois avec la Commission et le Conseil », conclut l’eurodéputé socialiste martiniquais.

 

Communiqué de presse du 31 mai 2018

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