La voie est ouverte à la labellisation bio des produits agricoles ultramarins

Les producteurs de bananes européennes, qui proviennent exclusivement des RUP, respectent l’ensemble des normes sociales, sanitaires et environnementales édictées par l’Union européenne et par les États membres, qu’il s’agisse du salaire minimum (les salaires sont de 10 à 20 fois supérieurs aux salaires des travailleurs situés dans les pays tiers) ou du respect de l’environnement.

 

Alors que certaines bananes importées des pays tiers peuvent bénéficier du label bio sur le marché européen grâce à un système d’équivalence, les producteurs de banane européenne se retrouvent à l’heure actuelle dans l’impossibilité de se convertir dans le biologique pour deux raisons principales :

– la règlementation européenne sur l’agriculture biologique est très largement pensée pour une agriculture continentale, et inadaptée aux conditions de leur agriculture tropicale. Elle est par ailleurs plus souple vis à vis des productions importées que des producteurs communautaires, ce qui permet aux pays tiers d’afficher le label « bio » quand nos producteurs ne le peuvent pas.

 

– les RUP n’ont pas accès à l’ensemble des produits considérés comme « Bio » par l’UE car chacun d’entre eux doit obtenir une autorisation de mise sur le marché pour l’usage spécifique « banane » au niveau national. Or, les laboratoires et les fabricants de produits phytosanitaires ou biologiques n’ont aucun intérêt à effectuer de la recherche ou de la production pour des produits dont seuls de très petits marchés sont clients.

 

Dans le cadre de l’actuelle révision de la règlementation européenne relative à l’agriculture biologique, et afin de remédier à cette concurrence déloyale, le groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen a, sous mon impulsion, fait voté avec succès le 13 octobre 2015 un amendement qui propose d’aligner le régime de labellisation des produits biologiques des RUP sur celui des exportations des pays-tiers pour une durée de 7 ans.

 

Ce texte voté en commission parlementaire de l’agriculture, devra être concrétisé dans les prochaines semaines lors des négociations entre le Conseil et le Parlement. C’est pourquoi je suis en lien étroit et régulier avec les autorités françaises et les négociateurs du Parlement européen, pour m’assurer que les intérêts spécifiques des productions agricoles ultramarines soient dûment pris en compte dans la future règlementation communautaire.

 

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