La situation du CHUM : surtout pas la faute de l’Europe !

Le 31 mai dernier, le Président de l’Association des Maires de Martinique, mon collègue, Maurice BONTE, pour qui j’ai la plus grande estime, a alerté les martiniquais et l’opinion publique par voie de presse, sur l’avenir incertain du Centre Hospitalier Universitaire de Martinique (CHUM).

Pour étayer son propos, il développe l’argument selon lequel, je le cite, « L’Europe impose une politique d’austérité à ses États membres provoquant des désinvestissements dans la santé et la protection sociale. (…) Le CHUM n’est pas épargné par cette politique d’austérité qui l’entraîne inexorablement vers une mort lente ».

Député européen confronté quotidiennement à la difficulté de défendre les intérêts des outre-mer dans une Europe à 28, cette affirmation est inexacte et inopportune.

Si je condamne à bien des égards, les dérives de la politique austéritaire menée par l’UE, je ne peux laisser accréditer l’idée, malheureusement très répandue, selon laquelle l’UE serait responsable de tous les maux et en particulier de la situation catastrophique du CHUM.

Et si l’État n’assume pas ses responsabilités, l’Europe ne saurait servir de paravent à tous les manquements observés, notamment dans la gestion de nos infrastructures. Et il faudrait faire preuve de myopie politique, pour ne pas reconnaitre le soutien décisif que Bruxelles apporte aux outre-mer européens et singulièrement à la Martinique.

Ainsi, L’UE accompagne la Martinique dans le financement de tous les grands projets qui structurent notre territoire : Port, Aéroport, Lycées, Hôpital …

Partout l’Europe est présente sur notre île:

32 millions d’euros pour la rénovation du plateau technique du CHUM

8 millions d’euros pour l’Institut Martiniquais du Sport

62 millions d’euros pour le TCSP

La liste ne s’arrête pas là, tant les projets qui ont pu se réaliser grâce au concours des fonds européens sont nombreux sur notre territoire. Faut-il rappeler que pour la période 2014-2020, plus de 800 millions d’euros de fonds structurels européens sont consacrés à la Martinique.

Peut-on incriminer l’Europe, alors qu’à ce jour, la Martinique n’a consommé que 30% des fonds qui lui sont alloués ? Est-ce la faute à l’Europe si notre TSCP ne fonctionne toujours pas ?

Ma conviction, c’est qu’il incombe d’abord à l’État, aux élus et aux socioprofessionnels martiniquais, d’utiliser de manière efficace les fonds qui nous sont alloués.

Au moment où nous venons d’entrer dans d’âpres discussions avec la Commission et les États membres pour établir le budget européen pour la période 2021-2027, cet argument utilisé par le Président BONTE, ne facilite pas la tâche des eurodéputés ultramarins.

Le combat mené par le Président de l’Association des Maires de Martinique est aussi le mien. Encore ne faut-il pas se tromper de cible. Il va falloir, en conséquence, que nous luttions ensemble pour que le CHUM devienne un service public performant au service de la santé de nos concitoyens.

D’ailleurs, dès mon élection au Parlement européen en 2014, j’avais adressé un courrier à tous les Maires de la Martinique, leur indiquant ma pleine disponibilité pour répondre à leurs attentes. Il est entendu que ma proposition reste, plus que jamais, d’actualité.

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