Tribune: Face à l’esclavage en Libye nous devons agir !

Fin novembre, la chaîne américaine CNN révélait au monde entier la triste réalité à laquelle sont confrontés les migrants originaires d’Afrique subsaharienne en Libye. De nombreuses personnalités en ont fait échos, particulièrement le Député guadeloupéen Max Mathiasin à la tribune de l’Assemblée nationale. Des milliers d’hommes, capturés, emprisonnés, maltraités, vendus au plus offrant et réduits au travail forcé en raison de leurs simples origines. À quelques milliers de kilomètres des côtes françaises et européennes se déroule quotidiennement un drame dont les caractéristiques nous ramènent quelques siècles en arrière, aux heures les plus sombres de l’Histoire de l’Humanité.

Originaires pour la plupart d’Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie…), des populations jeunes et moins jeunes, hommes et femmes bravent l’aridité du Sahara à la recherche d’un monde meilleur. La pauvreté structurelle, le sous-développement et parfois la guerre dans ces pays encouragent le départ en nombre de populations à la recherche de conditions de vies plus dignes en Europe.

Hélas, la route est longue et parfois meurtrière pour ces populations, et quand enfin elles croient se sentir plus en sécurité une fois arrivées en Libye, c’est l’enfer qui se dessine face à elles. Plongée depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi dans une grande instabilité politique, la Libye a été une cible de choix pour les groupes terroristes et en particulier l’État Islamique. Le gouvernement libyen reconnait aujourd’hui ne pas pouvoir exercer son autorité sur la majeure partie du pays, laissant la place à de multiples « clans » qui contrôlent chacun un territoire.

C’est dans ce cadre que se déroule la rémanence d’une histoire que l’on pensait comprise, d’une histoire qui ne se répéterait jamais : l’enfer de la traite négrière. En tant que martiniquais, antillais, descendant d’esclaves, je veux à mon tour aujourd’hui dénoncer ces faits graves qui engagent la responsabilité de l’ensemble des pays du monde et particulièrement de l’Union Européenne. Il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, en 2001, sous l’impulsion de Christiane Taubira, la France reconnaissait officiellement la Traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’Humanité. Nos valeurs humanistes, nos lois et notre place dans le concert des nations nécessitent que l’Europe prenne ses responsabilités dans ce drame, mais aussi dans le phénomène des migrations de populations.

L’Europe doit aujourd’hui prendre toute la mesure de ces événements qui se déroulent à ses frontières, en Afrique mais aussi au Moyen-Orient et en Asie. Elle doit singulièrement renforcer ses relations de coopération avec l’Afrique et les régions en difficulté, afin d’impulser un véritable développement durable et favorable aux populations locales.

 

Louis-Joseph MANSCOUR

Député Européen

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