Budget européen : nous refusons de sacrifier l’Europe des solidarités

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté aujourd’hui devant les eurodéputés ses propositions pour le budget européen couvrant la période 2021-2027. Si nous saluons le respect du Parlement européen dont a fait preuve la Commission européenne en venant s’exprimer d’abord devant les eurodéputés, nous regrettons ses manques d’ambition et de prévoyance, particulièrement alarmants au regard des défis auxquels l’Union européenne doit aujourd’hui apporter des réponses concrètes.

Les eurodéputés français du groupe S&D dénoncent d’abord avec force la posture de la Commission européenne qui affiche un budget en hausse de seulement 3%, en se gardant de préciser que les politiques financées seront plus vastes et de fait plus diluées : 219 milliards d’euros manquent aujourd’hui vis-à-vis des estimations effectuées par le Parlement européen. La proposition de la Commission, qui sabre les grandes politiques communautaires tout en ajoutant de nouvelles missions que s’est donnée l’Union, semble ignorer les divergences territoriales en taillant dans la politique de cohésion et à en sacrifiant la Politique agricole commune. En donnant la priorité sur la sécurité et le contrôle aux frontières, la Commission abandonne à la solidarité européenne pour soutenir un développement sociétal et économique durable : une augmentation de 3% du budget de l’Union d’ici à 2027 ne pourra être suffisante pour répondre aux défis en matière de lutte contre le chômage des jeunes, développement durable, changement climatique, pilier social, agriculture, cohésion, aides internationales et humanitaires.

Sur la question cruciale des ressources propres, si certaines avancées positives sont à saluer notamment sur la taxe sur les multinationales et la diminution de la part des contributions nationales, nous déplorons des propositions de la Commission européenne en deçà de l’urgence actuelle. Taxe sur les transactions financières, ajustement carbone aux frontières : le Parlement européen avait pourtant porté plusieurs options sur la table afin de doter l’Union européenne de nouvelles ressources propres à la hauteur de ses ambitions.

Le débat sur le budget européen est le débat le plus politique qui soit. Définir les contours du cadre financier pluriannuel du budget européen, c’est tracer les contours du projet européen lui-même : la discussion est désormais entre le Conseil et le Parlement européen.

 

Communiqué de presse de la Délégation socialiste française du 2 mai 2018

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